Lieux exceptionnels Une histoire originale

Eco-lodge El Chital – Quintana Roo, Mexique

Un Lyonnais vivant à Paris, esthète et amoureux des belles choses, Vincent voit le voyage comme une invitation à l’émerveillement. Avec un regard plein de fraîcheur, il nous fait découvrir un lieu “slow” de la région de Quintana Roo au Mexique. Récit de voyage.

 

Le Mexique, ses heures de routes, des playlists écumées. Rencontres, hôtels, et peaux cuivrés. Puis le GPS ne sait plus, ne nous retrouve plus. La route s’amincie, les voitures se croisent pour la première fois en prenant le temps de se remercier. Les arbres se plient doucement pour nous regarder passer. Au lieu de s’écarter sur des autoroutes trop droites. Les folies de la côte pacifique, de Playa et de Tulum, disparaissent au loin.

Cabañas Ecoturisticas El Chital. Quelques places pour se garer sur le gravier. Personne à l’entrée.  Un chemin de pierre dessiné entre les arbres protégé. Il faut d’abord marcher, oublier la sensation de rouler.

POSER BAGAGES

Tout au bout, après un panneau directionnel avec des noms d’arbres, notre hote, Xochitl est là pour nous accueillir. Au bord de la lagune, dans son restaurant. Sourires. Elle veut d’abord se rappeler de nos prénoms. Sur chaque terrasse des différentes cabanes, des crochets fixés qui n’attendent que de soutenir ce hamac acheté quelques jours plus tôt à Mérida, cette ville d’un autre temps, faîtes de couleurs et de rencontres. Chaque cabine est cachée dans la densité de la jungle. Mais la vue directe sur la lagune a été dégagée.

Il y a 7 cabanes au total. 4 autres sont en réflexion de construction, mais « pas plus ».

Il ne faut pas être trop nombreux… Nous voulons persévérer sans être trop pressé…ne pas attirer tous les touristes et laisser le bouche à oreille raconter ses propres histoires.

Canoë Kayak et vélos sont à disposition. Le contraire d’un tourisme excessif, au lieu de payer pour salir ils ont décidé d’offrir pour protéger.

Xochitl est heureuse de parler de son projet, ici il est histoire de famille. Elle, sa sœur et leurs maris, leurs enfants aussi. En l’écoutant parler, je regarde d’ailleurs sa petite nièce de 2 ans qui admire son père jardiner. Elle porte de maigres branches dans une brouette à peine plus grande qu’elle.  Ils ont ouvert ce lieu il y a 7 ans. Ils ont préféré être ici, plutôt que dans le brouhaha de Bacalar, la plus grande ville de la region.

« L’important est de prendre le temps »,  me dit-elle.

C’est elle aussi qui le prend, une nuit sur deux pour s’assoir près du grand feu et raconter des légendes Mayas.

DÉCOUVRIR

Après quelques échanges maladroits dans un espagnol mauvais, je prends RDV avec un des plus jeunes de la famille. Le lendemain 18h pour aller pêcher.

Il arrête le bateau et ri en pointant son doigt « Daniel ! ». Une sorte d’éléphant de mer, doux et lent se rapproche de notre barque. Plus de 3m de long, et pourtant il s’agit d’une espèce naine. Il ne mange que des plantes. Et aime les caresses.

Il nous emmène loin dans les profondeurs du lagon, la nuit tombe. On me tend alors un harpon manuel et petite lampe torche. Plonger dans l’obscurité, ralentir son rythme cardiaque et oser apprécier. Il ramènera 14 poissons. Et moi beaucoup de souvenirs.

Au milieu du lagon se trouve «La tour aux oiseaux». En canoé ou en bateau à moteur, vous pourrez vous y rendre et vous poster à 20m de hauteur pour observer l’incroyable faune vivant ici protégée. S’il vous reste néanmoins des nœuds à démêler, une masseuse du village vient chaque fin de journée et s’installe dans une cahute au bord de l’eau dans un calme assourdissant.

Nous aurions aimé tester le « Temazcal» une sorte de hutte en paille de chaux, dans laquelle il faut rentrer à 5 ou 6. La température se rapproche de celle des saunas finlandais et un chaman vient faire bouillir de mystérieuses herbes pour vous enivrer. Mais Xochitl nous déconseille de le faire seul, et cette semaine, le chaman n’était pas là.

Dans un monde de compétitivité, une société où le rapport au temps est précis et incertain, la sieste porte trop souvent une marque d’inefficacité. El Chital lui s’est construit autour d’espaces où elle est protégée. Hamac moustiquaire et voie lactée. Piscine avec son goût salé. Moments d’unicité.

Réservation et informations: www.elchital.com

Crédits photo: Vincent Caussé, El Chital

 

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